Suivis milieux

L’interprétation des données biologiques (abondance, répartition...) sur les poissons migrateurs nécessite la connaissance de leurs habitats et milieux de vie. Ainsi, les études sur la quantité, l’accessibilité et la qualité des habitats de vie des poissons sont essentielles pour mieux comprendre les tendances démographiques des espèces ainsi que les pressions que subissent ces populations au niveau local. Ce sont des paramètres qui sont étudiés sur le bassin Seine-Normandie, mis en relation avec le cycle de vie des migrateurs amphihalins et les obersavtions biologiques.

 

Différents types de suivis «milieux» sont menés par SEINORMIGR et peuvent se distinger en 3 catégories à ce jour:
- La cartographie des habitats : permet d’estimer la quantité et la qualité des habitats favorables à l’espèce cible.
- L’étude de la thermie des cours d’eau : permet de connaître l’évolution de la température de l'eau et les éventuelles pressions qui en découlent.
- L’étude du colmatage et du concrétionnement des cours d’eau : permet de connaître la qualité du substrat sur les zones favorables à l’espèce et d’en évaluer une potentielle altération de son milieu de vie.

Le suivi thermique des cours d'eau

La température de l’eau joue un rôle prédominant dans le milieu aquatique. C’est un facteur clé pour comprendre le fonctionnement des communautés piscicoles et les suivre efficacement. Cette variable influe sur différents paramètres physiologiques tels que l’oxygénation, le développement des œufs, la vitesse de croissance des individus... Elle peut également influer sur leurs comportements comme leur répartition spatiale ou les déclenchements de migration et de la reproduction... Les objectifs principaux de ce suivi sont de :

1. Connaître le profil thermique du cours d’eau et le comparer avec les préférendums des poissons migrateurs au cours de leurs différentes phases de vie.

2. Connaître l’évolution spatiale (amont-aval) et temporelle de ce paramètre.

3. Étudier l’effet de la température sur les juvéniles des espèces suivies (succès reproducteur/croissance/développement).

4. Étudier les effets des activités/installations anthropiques sur les cours d’eau.

 

LE RESEAU 2025 EN BREF :

- 90 thermomètres

- 22 bassins suivis

- 1 enregistrement / heure

- Fonctionnement tout au long de l’année

- Collaboration avec d’autres acteurs (FDAAPPMA, OFB, DREAL...) pour rassembler plus de données

 

Pour en savoir plus, lettre thématique sur le sujet disponible ici

 

 

 

La cartographie des habitats

La capacité d'accueil d'un cours d'eau pour sa faune piscicole dépend principalement de la quantité et de la qualité des habitats accessibles propices à leur reproduction et à leur croissance. Les différents écoulements le long d’un cours d’eau déterminent la diversité de ces habitats. En effet, des écoulements lents correspondent à des zones de repos et d’alimentation, tandis que des écoulements rapides sont propices à la confection du nid pour la reproduction chez les salmonidés par exemple. On appelle « faciès d’écoulement » des sections homogènes d’un cours d’eau définies selon les vitesses de courant, les hauteurs d’eau et la pente. 

La cartographie des habitats d'un cours d'eau permet d'accéder à des informations précieuses comme le nombre d’individus susceptibles d’être produits par la rivière et évaluer son aptitude à héberger une population équilibrée. Cette procédure est particulièrement bien développée pour le saumon atlantique. Elle permet également d'identifier des zones favorables à la reproduction pour des espèces plus discrètes et difficiles à suivre comme les aloses (ne laissent pas de nids). 

Le protocole nécessite une prospection sur l'ensemble du linéaire favorable à l'espèce étudiée, avec des prises de mesures physiques géoréférencées à chaque faciès identifié. Les données provenant de ces relevés permettent d’estimer plus finement les capacités de production des cours d’eau du territoire, en adéquation avec les attentes du PLAGEPOMI. 

 

 

 

 

L'étude du colmatage et du concrétionnement

Le colmatage du substrat se définit comme le dépôt de sédiments fins entre les composants du lit du cours d’eau. Le colmatage réduit la porosité et la perméabilité du substrat à l’eau. Cela réduit les zones de cache pour les macroinvertébérés (à la base de la chaine trophique) et limite l'oxygénation du substrat (nécessaire pour le développement des oeufs). Cela a un effet négatif sur la qualité des habitats d’une rivière, agissant négativement sur la faune et la flore dépendants de ces habitats. Il  peut être de différentes origines, sédimentaires ou organiques. Bien que naturellement présent dans l’environnement, ce phénomène est accentué par les activités humaines telles que l’agriculture.

Le concrétionnement d'un subtrat est une accumulation de matière, généralement minérale, formée de dépôt de particules transportées par de l'eau. Le concrétionnement, particulièrement présent sur les sols calcaires, amène une rigidification et une uniformisation du substrat. Ce phénomène dégrade et agglomère le substrat initialement mobile, et altère ainsi la qualité des subtrats notamment lors de la nidification. Ce phénomène bien que naturellement présent, apparaît également comme l'une des conséquences de l'eutrophisation des cours d’eau et des usages anthropiques.

Depuis 2023, le suivi sur le colmatage des cours d’eau est réalisé par la prise de données complémentaires sur les réseaux de suivi piloté par SEINORMIGR (principalement Normandie orientale). Cela permet de faire une première caractérisation sur la localisations de ce phénomène, mais peut également aider à estimer son évolution dans le temps. Ainsi, des données sur les niveaux de concrétionnement et colmatage sont saisies sur l’intégralité des stations de pêche électrique réalisées en régie (normandie orientale), ainsi que sur chacune des frayères recensées sur l’ensemble du réseau déployé sur le bassin.